Abus de pouvoir
14 avril 2009
Depuis quelques temps, on entend beaucoup parler du gaspillage des fonds publics. Les fonctionnaires tout comme les élus pigent dans ce magot comme s’il tombait du ciel. Voyages abusifs, comptes de dépenses excessifs, avantages sociaux grotesques, primes de départ démesurées: rien de trop beau pour ceux qui servent l’État…
La magouille se retrouve à tous les paliers, du municipal au fédéral en passant par les commissions scolaires, le Sénat et les Cégeps. Sans oublier les fiascos et abus universitaires, à l’UQAM comme à McGill. Et pourtant chaque année la charge fiscale augmente et les services diminuent.
Le Québec est en crise, la majorité des garçons décrochent avant d’avoir obtenu un diplôme minimal. Pendant ce temps le gouvernement vote une loi pour interdire l’usage du cellulaire au volant… Est-ce que le cellulaire est un tel fléau? On ne peut pas le savoir, car la SAAQ avoue ne pas avoir de statistiques sur le rôle du cellulaire dans les accidents, tout en ajoutant du même souffle qu’ils augmentent les risques de 40%. C’est à se demander si Michael Moore n’a pas été consulté pour obtenir une statistique aussi peu ancrée dans la réalité. Pourquoi se hâter avec une loi dans ce contexte? La réponse est simple: laissé à lui-même, l’État est comme un cancer qui se répand toujours plus profondément dans l’organisme qu’il envahit. Et tout comme le cancer qui détourne des ressources vitales pour s’alimenter, l’État siphonne ses citoyens à coup de contraventions, 135$ à la fois.
Tandis que la médecine et les autres champs de spécialisation universitaires se féminisent à vue d’oeil et que nos garçons se détournent du système scolaire, le gouvernement frappe un grand coup: il est désormais interdit de faire du ski sans casque protecteur. Il est aussi envisagé de réduire à 40km/h ou même 35 km/h la circulation en ville, et les fonds alloués au transport en commun sont coupés (foutue crise économique!) alors même que nos élus s’apprêtent à investir dans un nouveau pont reliant un Montréal congestionné à sa seconde couronne nord, royaume des voitures japonaises et des bungalows surhypothéqués.
Sur chacun de mes chèques de paie je constate que le gouvernement s’approprie près de la moitié de mes revenus. Comme cela ne suffit pas pour financer tout le gaspillage et les abus des fonctionnaires et élus, le gouvernement vient en supplément gonfler la facture de la plupart des biens et services que je consomme de près de 15%. Sans mentionner les taxes cachées dans le prix de l’essence, les augmentations de tarifs des sociétés d’État comme Hydro-Québec ou les trappes à contravention de la Sûreté du Québec. À chaque fois que je prends l’avion, le gouvernement se gorge avec des taxes cachées et visibles, et a en plus le culot de m’exiger le paiement immédiat de frais exorbitants destinés théoriquement à la sécurité, mais qui servent en fait à financer le gros train de vie des dirigeants de l’ACSTA.
On m’offre en retour :
- des garderies à sept dollars dont les places sont tellement rares que je dois m’inscrire sur une liste d’attente plusieurs années avant de penser à avoir des enfants
- un programme d’assurance-chômage dont les coffres sont vides et qui me donne droit à un revenu ridicule — qui sera ensuite en partie récupéré lorsque viendra le temps de payer mes impôts
- des commissions d’enquêtes dont les seuls bénéficiaires sont les juges et avocats payés 500$ de l’heure pour endormir le public de RDI avec leurs conclusions politiquement correctes
- un service de police qui se préoccupe davantage de me donner des contraventions que de retrouver le bandit qui a volé ma radio d’auto (“on n’a pas les ressources pour ce type d’enquête”), et qui refuse de se rendre sur place immédiatement lorsqu’une alarme antivol se déclenche la nuit dans un commerce afin de ne pas “aggraver la situation en causant une confrontation potentiellement violente”
- des ponts qui tombent et qui TUENT des citoyens
- des aqueducs qui éclatent chaque semaine en hiver, causant des bouchons de circulation monstrueux dans un centre-ville montréalais déjà congestionné
- des Éco-Centres et des campagnes de sensibilisation au recyclage, et même des contraventions si j’ose arroser certains jours d’été, alors que 50% de l’eau potable du réseau d’aqueduc montréalais se perd dans des fuites et bris divers.
Avec les services et infrastructures de mauvaise qualité on serait en droit de s’attendre que le gouvernement économise une partie des fortunes immenses qu’il vole à la population chaque jour. C’est bien mal connaitre la cupidité sans fin des individus dotés du pouvoir de dépenser les fonds publics — tous les paliers de gouvernement sont cette année en déficit. On nous dit que la crise économique fait mal, que la crise économique nécessite des investissements massifs, que la crise économique réduit les recettes fiscales… Complètement grotesque. Le problème n’est pas là. Le problème se trouve dans les millions de dollars gaspillés par une lieutenant-gouverneure en chaise roulante qui avait besoin de souper dans deux restaurants en même temps (selon ses comptes de dépense). Le problème se trouve dans les 100 000$ versés à des directrices de garderies subventionnées (CPE). Le problème se trouve dans les salaires de 110 000$ versés à des directeurs de services dans des commissions scolaires. Le problème se trouve dans la prime de départ d’Henri-Paul Rousseau de 380 000$, dont le règne à la Caisse de Dépôt a bien failli conduire à la banqueroute de ce qui fut autrefois un fleuron de l’économie québécoise. Juste en évitant les scandales publics ayant fait la page couverture du Journal de Montréal depuis un an, il aurait été possible d’économiser une petite fortune. À eux seuls, les 380 millions de dollars siphonnés par l’UQAM pour financer ses magouilles immobilières représentent 10% du déficit budgétaire de 2009…
Le gouvernement a clairement démontré qu’il est incapable de gérer les fonds publics efficacement. Le système n’est pas en mesure de se protéger contre les abus venant de l’intérieur… Allons-nous continuer encore longtemps à financer le trou sans fond de la cupidité humaine débridée qui se divertit avec notre argent en toute impunité?
J’ai toujours été un payeur de taxes exemplaire, mais à partir de cette année je vais franchir une ligne que je ne pensais jamais franchir: je vais faire affaires avec un fiscaliste et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour payer le moins d’impôts possible. Tout en respectant la loi je vais faire comme les grosses pétrolières ou comme les compagnies de Paul Martin, et utiliser toutes les astuces possibles pour protéger mon argent contre les rapaces du pouvoir public.